11 octobre 2006

Quotidien...


Une petite page pour vous faire partager une de mes petites aventures, fréquente en ce moment : la route de l’Afrique du Sud au Mozambique, en passant par le Swaziland et vice-versa.
Pour vous, de loin, de très loin même, cette route est peut être comme aller de Lille à Tournai pour aller se manger un américain (sauce poivre pour moi, avec une bonne moinette bien fraiche)… Il n’en est rien, c’est 430km de routes, 3 pays, 4 passages de douanes, des styles de conduites différentes, des risques… tout aussi différents… et des gens bien entendu… qui comme précédemment ne sont pas à appréhender de la même façon.



Départ Richards Bay, en route vers le nord du pays sur la N2. La N2, grosse nationale qui remonte jusqu’à Jo’burg. La N2, qui possède des accotements très larges accueillant les véhicules lents, les piétons, les vélos, ou les véhicules rapides se faisant doubler par un véhicule encore plus rapide. En effet ici on ne double pas en roulant sur la voie opposée mais c’est le contraire qui se produit, le véhicule en passe de se faire doubler se rabat pour laisser passer le plus rapide. Malheureusement la voie « de rabattement » n’est pas tout à fait assez large pour un camion, on se retrouve donc à doubler des camions et des gens sur la voie contraire qui font de même, sur une route très limite pour 4 véhicules roulant très rapidement… c’est toujours un petit ouf de soulagement après ce genre d’exercices (que j’évite au maximum). Attention aux radars, en effet paradoxe Sud Africain, on ne voit jamais de patrouille de police dans les rues mais il est impossible de faire 50km sans tomber sur un radar. Paysages mornes pendant 100km, le nord de Richards Bay étant couvert d’exploitations forestières intenses, la route ressemble à notre N10 nationale Bordeaux – Bayonne, à la traversée des Landes… c’est arbres, arbres, arbres, trous tout frais, camions transportant des arbres puis arbres encore… Note : un arbre ici met 10 ans à pousser et être exploitable, c’est très court semble-t-il d’après mes sources.
Ensuite la savane typique, voir mon post sur Hluhluwe, peu d’habitations. Ne pas tomber en panne sur la N2, ça peut être dangereux, la population n’est pas très accueillante et je suis soft. On quitte la N2 pour se diriger vers les montagnes, une petite route (toujours de très bonne qualité en Afrique du Sud sur les axes fréquentés) serpente à travers cette chaîne de montagnes qui représente une frontière à la fois géographique et naturelle pour le Swaziland. Les paysages, mélange de montagnes et de savanes entourant un grand lac à la couleur bleu pastel attirent l’œil et donnent envi de s’arrêter dans la belle réserve de Mapula. Arrive rapidement le premier poste frontière, celui de Golela.
Merci l’accueil… C’est toujours une corvée, remplir des formulaire, payer des taxes, expliquer pourquoi on passe par là… passage obligé malgré tout et assez rapide si on ne tombe pas en même temps qu’un car de touristes qui doit se faire « tamponner le passeport » à l’unique guichet du Swaziland.



Ceci étant fait, en route pour le Swaziland. On redescend de la montagne vers la plaine sur une route de bonne qualité dans cette monarchie absolue, indépendante depuis les années 60 (ancien protectorat Britannique). Le risque local : les vaches et les brebis qui aiment paîtrent tranquillou sur les bas coté et qui traverse soudainement pour aller voir si l’herbe est plus verte chez le voisin d’en face. Utilisation du klaxon de rigueur, j’ai l’impression de faire le tour de France à chaque fois. Paysages de savanes similaires au Zulu-Natal, exploitation industrielle de la canne à sucre et usines sucrières me rappelant mon petit village français. Population très sympathique, pas de risques de se faire dépouiller voir zigouiller si on s’arrête, au contraire c’est plutôt scène de Benny Hill avec le village le plus proche qui se met à courir dans votre direction dans l’espoir d’obtenir une petite faveur… rien de bien méchant. Bientôt un post plus complet sur le Swaziland avec des photos j’espère.

Retour dans les montagnes, destination le Mozambique et le poste frontière de Goba. Cette route entre le Swaziland et le Mozambique est très récente et facilite le transit entre le Natal et le Mozambique. Donc frontière, tamponnage à gauche à droite, loterie sur la sympathie du douanier qui peut soit vous laisser passer en souriant sans regarder plus loin soit se mettre à fouiller méthodiquement le véhicule (pour l’instant je suis chanceux, je n’ai eu que le premier cas, on m’a raconté pour le cas n°2)

Mozambique : 80km à parcourir pour arriver à Maputo, la capitale et son côté riche citée coloniale délabrée qui me plait tant, mais aussi cette volonté de ressortir de la guerre civile et de rebâtir une belle nation.
Le risque local : le policier… ce dernier est à l’affût des plaques d’immatriculations Sudaf et de leurs riches propriétaires, il trouvera toujours un prétexte pour arrêter la voiture, s’ensuivra une fausse erreur de conduite pour arriver à une amende sans papiers officiels qui n’est rien d’autre qu’un bakchich. Expérience vécue : un soir à Maputo on s’est fait arrêter avec un collègue pour un prétexte fallacieux, résultat après 10 minutes d’explications : on a pris la fuite ! En effet une partie de la police n’a pas de véhicules, ni de radio, ni de mémoire, ni rien de rien. Avec eux on peut jouer ;-) Avec les autres, pas questions, c’est kalachnikov, 4x4 et regards durs. Là tu t’écrases, j’en parle en connaissance de cause. Voilà pourquoi maintenant je roule avec une voiture immatriculée au Mozambique, résultat, 0 arrestations ! Alors qu’avec une plaque Sudaf on a déjà fait 2 arrestations en ½ heure… C’est le principal inconvénient de ce beau pays, à la population agréable et souriante. Les routes sont plutôt défoncées, la circulation est africaine, peu de respect des feux, c’est le plus couillu qui passe. On s’y fait après avoir mouillé son t-shirt à plusieurs reprises… mes collègues Sudafs, très attaché à l’ordre et à la discipline, sont généralement peux fans, moi j’aime bien ce bordel… enfin j’en ferai pas non plus le lieu de ma retraite. Enfin je crois. Bref après 5-6 heures de route (suivant la chance aux frontières) me voici rendu.




Pendant que j’y suis, la route inverse c'est-à-dire Maputo – Richards Bay recèle 2 surprises de plus au Swaziland, un passage par un barrage filtrant qui interdit l’importation de viandes venant du Mozambique, datant « d’une ancienne maladie de vaches ». J’ai une anecdote à ce propos venant d’un ancien collègue qui s’est vu confisquer là la peau en cuir couvrant son jumbé, un fonctionnaire jusqu’au-boutiste ! La deuxième surprise étant un second barrage filtrant 20km après le précédent, fait par des militaires. Jamais bien compris à quoi il servait celui là, ils regardent vaguement dans la voiture voir farfouille rapidement, sont souvent sympathiques (j’ai toujours une petite bouteille d’eau minérale spécialement pour eux, ça aide au passage et ça passe bien dans la discussion…).

Voilà, c’est fini du blabla, pour une fois que je m’y colle… je n’en veux pas à ceux qui lisent tout ça en diagonal, je suis technicien, pas romancier. Pour les fautes d’orthographes, vous pouvez envoyer vos mails de protestation à Bill Gates pour qu’il fasse évoluer son correcteur de tographes ainsi qu’au ministre de l’éducation national qui m’a laissé sortir du système éducatif diplômé mais nul en dictée. Tout part en saucisson de nos jours ma brave dame, c’était mieux avant.

4 commentaires:

Fxundaurelich a dit…

bin j'ai quand méme tout lu...ça doit etre mon coté technicien béte qui lit les notices sans les comprendres..

Anonyme a dit…

Comme tu dis, pour une fois que tu t'y colle, ben nous en tout cas, on décolle. J'ai mis 5 minutes au moins avant d'atterrir, et t'en fais pas pour la romance, les fautes etc... tu nous fais voyager et ça, ça pardonne tout ! Merci pour le voyage, quand est ce qu'on remet ça ?
( chiche, en vrai ? )

Anonyme a dit…

A l'occasion je te tamponnerai le passeport (c'est quand même mieux un passeport tamponné, tu ne trouves pas ?).

Anonyme a dit…

Coucou Olivorc, et bien moi aussi j'ai tout lu. Ca doit être mon côté romancier. Sincèrement, je suis impressionnée et oui, tu nous a fait voyager. C'est authentique. Et les petites anecdotes, ça te plonge encore plus là-bas. Ma mère aussi était partie en Afrique, au Cameroun, et elle me racontait des tas de petites anecdotes, son vécu personnel, les gens qu'elle rencontrait. Des trucs sympas, et d'autres, à te faire frémir... Bref, avec hâte de suivre tes prochaines aventures, avec des photos. Et on s'en fout des fautes d'orthographe! Je te soumets une idée: Tu as parlé d'exploitation forestière et c'est important que tu fasses un petit reportage photos sur ce problème qui nous touche tous: Il faut savoir que toutes les deux minutes, c'est une équivalence de deux stades de forêts que l'homme détruit dans le monde! Les arbres, c'est l'oxygène de notre planète. Nous devons les protéger car toutes les deux minutes, nous nous asphyxions encore plus.
Ce serait également intéressant de montrer les désastres de la guerre et aussi l'espoir quand ils reconstruisent. Voir des photos de ces gens marqués par la douleur et également leur force pour se relever. Tu as le pouvoir de transmettre ce qu'il s'y passe, de façon authentique, donc vraie. Le monde en a besoin.